vendredi 25 mai 2018

Chroniques express [39] : du théâtre, du contemporain et du classique

Vous avez peut-être remarqué que certains des livres que j'ai lu n'avaient pas été chroniqués. A cause de ma "flemmarderie" (désolée !), du manque de temps, ou tout simplement parce que je ne sais pas quoi en dire. Je vais donc ici donner un avis global sur chacun des livres dont je n'ai pas le temps de faire une critique longue :)
Pour cette édition, c'est principalement que des livres de cours + deux par curiosité ou reçu pour mon anniversaire.


Hamlet
William Shakespeare
Synopsis :
Pour mener à bien sa vengeance sans éveiller les soupçons, Hamlet feint la folie. Lorsque le fantôme de son père lui révèle que Claudius, souverain actuel et frère du défunt roi, est le meurtrier de celui-ci, on s'attend à une stratégie ingénieuse, d'autant que le prince semble plein de courage, d'insolence et d'esprit. Or, durant quatre actes, il ne commet qu'un seul meurtre, conséquence d'une erreur de perception. À la fin de la pièce, il venge son père, mais in extremis. Hamlet est une tragédie intérieure, presque intime, dont le rythme est motivé par les hésitations du héros qui donnent lieu à des scènes superbes de grandeur pathétique, car elles disent l'aspiration de l'homme à la liberté et au repos, malgré l'enfermement obsessionnel auquel l'existence le condamne. Tragédie du doute, voyage dans un esprit qui ne rêve que d'immatérialité mais ne parvient pas à prendre son envol, Hamlet, pièce mélancolique, nous invite à un saut existentiel.
Ma critique : j'ai finalement lu ce classique mais en VO pour mes cours de littérature anglophone, ce qui fait que j'ai pas tout tout bien compris et que j'étais un peu en mode robot pendant ma lecture. A part ça, j'ai aimé l'étudier et à moins que vous ne soyez un pro de l'analyse littéraire et que vous réussissiez à dégager immédiatement l'essence du texte, lire Hamlet sans lire ou travailler sur une analyse à côté enlève une partie de l'intérêt de cette oeuvre. Ce n'est donc pas tellement la lecture qui m'a plu, mais bien la combinaison lecture/compréhension de l'oeuvre. On comprend toute la complexité de l'intrigue et des personnages créés par Shakespeare, l'usage d'éléments matériels pour exprimer des situations morales, des personnages indécis (bonjour Hamlet) déchirés entre ne pas agir et agir peut-être moralement mal. Je pense la relire maintenant que je connais mieux les tenants et les aboutissants de la pièce, à ne pas manquer de lire !

Bon livre... 3/5 ~


The importance of being earnest // L'importance d'être constant
Synopsis :
Dernière pièce d'Oscar Wilde, L'Importance d'être constant brille des feux d'un langage habité par la grâce : s'y manifestent la puissance et la modernité de la réflexion de l'auteur sur la fiction, mais aussi son inventivité subversive et satirique, son esprit généreux et étincelant d'élégance et de drôlerie.
Ma critique : plus je repense à cette pièce de théâtre et plus je me dit que je l'ai adorée. Les jeux de mots, l'humour taquin d'Oscar Wilde à l'égard de ses contemporains qui transparaît dans chacun des personnages, l'improbabilité des situations... Je l'ai dévorée et j'ai ris plusieurs fois face aux coups du sort et aux mots bien sentis des personnages. Je ne peux que recommander ce classique, une belle surprise que je ne manquerai pas de relire !

~ Très bon livre... 4/5 ~


Fictions
Jorge Luis Borges
Synopsis :
Sans doute y a-t-il du dilettantisme dans ces Fictions, jeux de l'esprit et exercices de style fort ingénieux. Pourtant, le pluriel signale d'emblée qu'il s'agit d'une réflexion sur la richesse foisonnante de l'imagination. Au nombre de dix-huit, ces contes fantastiques révèlent, chacun à sa manière, une ambition totalisante qui s'exprime à travers de nombreux personnages au projet démiurgique ou encore à travers La Bibliothèque de Babel, qui prétend contenir l'ensemble des livres, existants ou non. 
La multitude d'univers parallèles et d'effets de miroir engendrent un "délire circulaire" vertigineux, une interrogation sur la relativité du temps et de l'espace. Dans quelle dimension sommes-nous ? Qui est ce "je" qui raconte l'invasion de la cité dans La Loterie de Babylone ? En mettant en vis-à-vis le Quichotte de Ménard et celui de Cervantès, lit-on la même chose ou bien la décision de redire suffit-elle à rendre la redite impossible ? 


Il n'est pas certain que l'on ait envie d'être relevé du doute permanent qui nous habite au cours de cette promenade dans Le Jardin aux sentiers qui bifurquent. On accepte volontiers d'être les dupes de ces Artifices, conçus comme le tour le plus impressionnant d'un prestidigitateur exercé. 

Ma critique : voilà une lecture qui m'a laissée pour le moins perplexe, mais je m'y attendais, s'agissant de Borges. Une de mes profs de littérature latino-américaine m'a dit un jour qu'il était facile de lire Borges sans pour autant comprendre ce qu'il veut dire. Eh bien, je confirme. La plupart des nouvelles qui composent ce livre m'ont laissée somnolente. J'ai tout de même plus accroché avec la deuxième partie du livre et ses intrigues liées à la mort de quelqu'un ou à un mystère à résoudre. Mais j'ai laissé de côté tout ce qui est réflexions littéraires, métaphysiques et autre parce que mon cerveau n'arrivait pas du tout à suivre. Je n'ai pas envie d'en rester là donc je relirai peut-être certaines des nouvelles avec des analyses sous le coude (tricheuse ? Mais non mais non). Néanmoins, je ne sais pas si j'en aurai le courage parce que le livre fait moins de 200 pages, mais il m'a pris plusieurs semaines à terminer...

~ Livre sympa mais sans plus... 2/5 ~




Who's afraid of Virginia Wolf ? // Qui a peur de Virginia Wolf ?
Edward Albee
Synopsis :

Un couple de quadragénaires se déchire sous les yeux d'un jeune couple.

Martha, la cinquantaine, fille du grand patron de l'université, est mariée depuis plus de vingt ans à George, professeur d'histoire. C'est une femme grande et solide, encore belle mais d'une beauté quelque peu altérée, et d'un tempérament par moment violent. Lui, plus jeune, grisonnant, portant beau, est d'une intelligence redoutable qui devient au fil des actes quelque peu inquiétante...
À la suite d'une réception donnée par le père de Martha, Nick, jeune professeur de biologie, cheveux coupés court, un rien opportuniste, franchement arriviste et animé de ruses simples mais efficaces, est venu prendre un verre avec sa jeune épouse Honey, angélique, un peu sotte et souvent à la limite de l'hystérie, rêveuse et évanescente, de fait, ce n'est qu'un petit monstre sec.
Une scène de ménage d'une sourde violence éclate entre George et Martha : tout au long de la pièce c'est un déballage délirant de vérités et de mensonges entre les vieux époux qui va bouleverser surtout le jeune couple. Georges et Martha, au matin, seuls, se retrouveront encore une fois ensemble. Jusqu'au prochain ouragan.
Ma critique : quelle pièce... étrange. Pas forcément plaisante à lire, mais pour le moins pleine de mystères, d’ambiguïtés que le lecteur interprète à sa manière. Les scènes empoisonnées où Martha et George, le couple d'une quarantaine d'années, se déchire et se rabaisse l'un l'autre m'ont mise sous tension, mais j'ai aimé les interprétations qu'on pouvait en faire. Les personnages sont à la limite de la contradiction et ça finit en un grand n'importe quoi. Un autre livre donc, qui m'a laissée perplexe, et que je n'ai pas apprécié plus que ça. 

Livre sympa mais sans plus... 2/5 ~




Le roman du mariage
Jeffrey Eugenides
Synopsis :

Université de Brown, années 80. Madeleine Hanna est l'intellectuelle par excellence, la jeune femme douée qui fait une thèse sur « Jane Austen, George Eliot et la question du mariage dans le roman anglais ». Comme dans ces fictions qu'elle dissèque, elle se retrouve au cour d'un dilemme. Une femme, deux hommes : quelles possibilités ? Charismatique, séduisant, Leonard Bankhead n'en est pas moins dévoré par des accès maniaco-dépressifs. 

Mitchell Grammaticus, lui, est un étudiant presque trop sérieux, un ami fidèle. Bien sûr, Madeleine tombe sous le charme de Leonard. Bien sûr, Mitchell tombe sous le charme de Madeleine. Ils découvrent avec exaltation la littérature, Roland Barthes, les Talking Heads, la sémiologie et l'amour. Au fil des lectures, des discussions, des analyses, ils pensent apprendre à déchiffrer le monde. Mais la réalité ne fait pas de cadeaux, surtout à ceux qui pensent que les romans leur ont tout appris. 
Pour les trois jeunes gens, elle se révèle brutale : Madeleine et Leonard se marient, mais le jeune homme est rattrapé par ses pulsions autodestructrices. Mitchell fuit à Paris puis en Inde, sans parvenir tout à fait à oublier Madeleine.

Ma critique : j'ai été assez déçue par ce livre, je ne m'attendais pas à ce qu'il soit aussi indigeste. C'est l'histoire de trois étudiants américains, dont le lien est évidemment Madeleine, qui entretient une relation amoureuse compliquée avec Mitchell et Leonard. Je n'ai ressenti d'empathie pour aucun d'eux. Bien que leur côté humain soit bien développé, on ne ressent pas d'amusement, pas de complicité avec eux, le positif n'est pas souligné, au contraire la vision de l'Homme mise en avant ici est celle d'êtres constamment intéressés, même dans leurs actions les plus altruistes. L'histoire se perd dans des pages et des pages de scientifique, de théories, de maladie et d'états d'âme. J'ai aimé le côté littéraire, les réflexions sur ce sujet (pour celles que je comprenais), mais ça s'arrête là. J'ai mis longtemps à le lire puisqu'il fait tout de même environ 500 pages et que l'intérêt n'était pas présent.

Livre sympa mais sans plus... 2/5 ~

14 commentaires:

  1. Tu m'as rendu curieuse de lire L'importance d'être constant :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tant mieux, c'est pour moi une super découverte en matière de classiques !

      Supprimer
  2. Je me souviens avoir étudié des passages d'Hamlet et j'en garde un bon souvenir :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les passages autant que l'histoire intégrale laisse une forte impression, je trouve :D

      Supprimer
  3. C'est dommage pour les deux 2/5 :/
    En tout cas, je n'ai jamais lu de livres de Shakespear mais j'ai très envie de le découvrir.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y en a même trois XD c'est le risque, d'autant plus avec les livres à vocation de réflexion plus que de divertissement, mais je ne regrette pas (trop) de les avoir lu !
      J'espère que tu pourras découvrir ces pièces, il y a de quoi trouver son bonheur avec Shakespeare ^^

      Supprimer
  4. Je n'en ai lu aucun mais Qui a peur de Virginia Wolf ? me rend curieuse malgré tout :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je comprends, même si je ne l'ai pas apprécié plus que ça c'est une pièce phare du théâtre contemporain !

      Supprimer
  5. C'est souvent ça le problème avec les classiques: sans interprétation, on passe vite à côté de beaucoup de subtilités. T'as eu du courage pour te lancer dans Hamlet en anglais par contre ! :O
    J'ai noté direct "L'importance d'être constant" ^^
    Pour tes autres lectures, et bien... c'est dommage que tu n'aies pas accroché :/

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Exactement, et c'est très frustrant !
      Je confirme, mais j'ai pas trop eu le choix, c'était une lecture obligatoire pour mes cours XD
      Super ! :3
      Oui, c'est le risque, mais ce n'est pas très grave étant donné les deux belles découvertes ;)

      Supprimer
  6. Certains sont très intrigants ! Déjà, je n'ai jamais rien lu d'Oscar Wilde, donc il faudrait que je reparte cette erreur, mais Qui a peur de Virginia Woolf me tente beaucoup aussi !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oscar Wilde a une plume très particulière à découvrir, c'est sûr :D j'espère que tu auras l'occasion de découvrir ces deux auteurs, lui et Edward Albee alors !

      Supprimer

Merci pour votre commentaire ♥

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...